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L'individualisme dans notre société

L'individualisme dans notre société

Dans notre société, l’individualisme marque fortement le rapport à l’autre; on semble avoir évincé le besoin naturel d’échange et de partage. La transaction a pris le pas sur la relation. À la solidarité familiale intergénérationnelle et aux solidarités de voisinage, fondements de la vie sociale, s’est progressivement substituée une solidarité collective et institutionnelle, bien sûr indispensable, mais ne pouvant répondre à tous les besoins.

 

« L’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui prédispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l’écart avec sa famille et ses amis ; de telle sorte que, après s’être ainsi créé une petite société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même »1.

 

L’individualisme peut difficilement être modifié à une aussi grande échelle, mais il est possible d’agir pour influencer les comportements, tel que plusieurs initiatives en participation citoyenne et en développement du bénévolat tentent de le faire.

« Tout se passe comme si, au Québec, et en Occident en général, nous avions appris à nous mêler de nos affaires, seulement de nos affaires, de peur d’être intrusif et de voir les autres empiéter sur notre intimité. Maints auteurs (Dumont, Giddens, Grand-Maison, Havel) parlent d’une dérive de la société de droits et de l’autonomie individuelle qui ont amené une forme d’individualisme coupé de liens sociaux. »2

Des aptitudes sociales qui se perdent

Pour Giddens, la modernité elle-même a créé des automatismes où les relations interpersonnelles ne sont plus nécessaires dans le mode de vie. On procède quotidiennement à toutes sortes de transactions sans passer par un lien relationnel. Nous faisons confiance à des systèmes impersonnels et automatisés, mais c’est comme si nous savions de moins en moins comment nous comporter dans la relation sociale. Cette ignorance des modes relationnels engendrerait davantage de méfiance envers les autres et de repli sur soi.

 

Cyrulnik opine dans le même sens en affirmant que « c’est incontestable, plus la solidarité est administrative, plus le désert affectif se développe ». Charbonneau fait état également de la montée de l’individualisme néolibéral où l’indifférence et l’apathie sociale vont de pair avec l’exigence croissante d’une responsabilisation de l’individu dans la construction de son propre destin ».

 

1 Tocqueville, De la démocratie en Amérique, II, II, II, éd. GF, p. 125.

2 Extraits du rapport d’évaluation de la Fête des voisins, Georges Letarte, mars 2009
 

 

 

 

Les piliers de la solidarité

Au Réseau de Villes et Villages en santé, nous croyons que la solidarité doit reposer sur plusieurs piliers complémentaires : la solidarité institutionnelle, la solidarité familiale, la solidarité entre amis et la solidarité de voisinage. Le projet Voisins solidaires (et la Fête des voisins) veut activer les solidarités de voisinage et influencer un rapport à l’autre plus ouvert et enclin à l’entraide.

 

On souhaite élargir la gamme de contacts composant les réseaux sociaux individuels. Nous visons un vivre-ensemble où les citoyens, dans leur environnement immédiat et au quotidien, identifient des gestes d’entraide simples qui leur conviennent sans qu’on parle de bénévolat ou d’implication dans un comité ou  un projet collectif (perçu comme contraignant par plusieurs).  Bref, nous voulons développer une pédagogie du voisinage.


On peut ainsi rejoindre des citoyens non engagés dans aucune forme de participation communautaire et on stimule une forme d’implication qui peut éventuellement conduire à des changements de représentations sociales quant à son rôle dans la société et quant à l’importance de la communauté locale dans sa vie.

« Le lieu où l’on demeure, en plus d’être un espace domiciliaire, représente pourtant, en principe, une possibilité de créer des liens sociaux avec ses voisins. Il peut y avoir une inscription forte dans un micro territoire qui devient alors un milieu d’appartenance. Il s’agit d’un enjeu social considérable au moment où nombre de réseaux sociaux déterminants sont déterritorialisés et où, pourtant, les politiques sociales mises sur la communauté pour recréer des solidarités. » Evelyne Baillargeau.

 

 

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