Le leadership des élus apparaît primordial dans la mise en place d’une démarche d’élaboration d’une politique ou de plans d’action visant l’amélioration de la santé d’une communauté. La nature, l'étendue et l'exercice des responsabilités de chaque municipalité varient selon ses moyens, ses valeurs et les besoins qui la caractérisent.
Certes, le dynamisme de l’action municipale en faveur des enjeux de santé et de bien-être (autrement dit, la qualité de vie) n’est pas étranger à la vision que les élus ont du rôle des municipalités et à la pression des citoyens en ce sens.
Les municipalités québécoises n’ont pas de responsabilités formelles en matière de santé, de services sociaux et d’éducation. Cela ne veut pas dire qu’elles ne soient pas appelées à participer à l’élaboration de mesures y contribuant. Aussi, sans être contraintes, les municipalités ont agit dans nombre de champs d’intervention touchant les services de proximité, participation citoyenne et le développement du capital social.
Les décideurs du monde municipal sont de plus en plus conscients de l'importance de leurs décisions en regard de la santé de leurs citoyens autant dans leur planification stratégique à long terme que dans leurs décisions courantes.
Cela dit, il existe des enjeux de mobilisation et de concertation concernant la négociation de politiques publiques et le travail intersectoriel autour de projets collectifs auxquels les acteurs municipaux et les autres acteurs sociaux (individuels et collectifs) peuvent (ou sont invités à) participer.
La démocratisation des processus décisionnels dans la cité et l’exercice de la citoyenneté locale (budget participatif, référendums locaux, comités de quartier, etc.) occasionnent parfois des tensions ce qui peut rendre les élus inconfortables. Si en situation politique, la majorité suffit, en contexte partenarial, les élus locaux se retrouvent dans une position inhabituelle. « Habitués à une direction hiérarchique au sein de l’appareil municipal, ils doivent s’en distancer d’autant plus fortement dans les relations avec leurs «partenaires»… (Divay et Belley, 2007).
Des élus peuvent aussi manifester une certaine méfiance envers le leadership ou l’engagement d’organismes locaux, susceptible de limiter ou de contrer le pouvoir des élus (Divay et Bellay, 2007).
Le dynamisme municipal dépend de l’engagement du milieu communautaire et plus largement de l’ensemble des partenaires (Letarte et Fréchette, 2009) et de la disponibilité de soutien financier à l’élaboration et à l’actualisation des politiques municipales.
En ce qui a trait à ce dernier point, les incitatifs mis en place par les gouvernements supérieurs, plus spécifiquement par le gouvernement du Québec déterminent l’exercice des responsabilités municipales.